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Le soleil se couche sur le pont d’Iéna

Et les bateaux-mouches avancent à p’tits pas

Tandis que j’dessine Paris sur des p’tits bouts d’carton

J’effeuille ma vie comme une fleur en papier crépon

 

Des rues de Pigalle au Trocadéro

Toute la capitale au bout du pinceau

Y’a en face de moi les couleurs des quatre saisons

Du bout de mes doigts je r’fais Paris à ma façon

 

Les phares des voitures font danser les ombres

C’est du clair-obscur dans la mi-pénombre

Et quand Montparnasse me regarde en plissant le front

Moi sous la menace je file à la prochaine station

 

Les feuilles orangées qui n’ont de mortes que le nom

N’osent pas s’laisser tomber sur le givré goudron

Elles dansent dans le vide et de leur étrange écriture

Guident ma main timide à chaque nouveau trait de peinture

 

Y’a  sur ma palette trois teintes de noir

Pour les silhouettes des gens dans le soir

Paris se reflète dans les larmes des filles de joie

Qui tremblent et se répètent chaque soir de pluie et de grand froid

 

Le soleil se couche sur le pont d’Iéna

Et les bateaux-mouches avancent à p’tits pas

Tandis que j’dessine Paris sur des p’tits bouts d’carton

J’effeuille ma vie comme une fleur en papier crépon

J’effeuille ma vie comme une fleur en papier crépon

 
 

 

 
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