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Huit heures et demie à ses aiguilles, je sors de mon Dunlopillo
Son cliquetis s’est affaibli, je remonte sa libido
Je regarde passer les autos à genoux sur ma chaise de bureau
Si le monde va travailler, j’irai peut-être après l’café
Assis là j’écoute pousser les fleurs de l’avenue des cerisiers
Déjà dix heures passées se languit ma montre à gousset
Café fini, dix heures et demie, me souffle-t-elle incognito
Au bout du fil je justifie la chaise vide à mon bureau
Mon réveil était bien réglé mais cette nuit mon chien l’a mangé
« J’croyais qu’t’avais pas d’animaux… », je souffle et m’allume un mégot.
Assis là j’écoute pousser les fleurs de l’avenue des cerisiers
Déjà onze heures passées se languit ma montre à gousset
Midi et demi, je me saisis, je me lève illico presto
Je vérifie mon parapluie, pas confiance en la météo
Double flot sur mes godillots mais je retrouve plus mon chapeau
En cherchant sous le canapé par mégarde je m’y suis posé.
Assis là j’écoute pousser les fleurs de l’avenue des cerisiers
Déjà treize heures passées se languit ma montre à gousset
Deux heures et demie, je réfléchis, j’y serai plus vite à vélo
Mais celui-ci est aplati et ne me veux plus sur son dos
J’arrive à deux pas du boulot et vois descendre les rideaux
Je secoue la porte fermée, j’ai pas vu la journée passer.
Assis là j’écoute pousser les fleurs de l’avenue des cerisiers
Déjà dix-huit heures passées se languit ma montre à gousset.
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