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A l’angle de la rue de l’audace et de la rue de l’ennui
Le petit mec à casquette, la bourgeoise en satin se retrouvent pour baiser.
A l’angle de la rue de la peine et de la rue des soucis
La jeune veuve sans tête et le vieil orphelin se retrouvent pour rêver.
A l’angle de la rue des reproches et de la rue des envies
Les hommes bleus à casquettes et les loubards du matin se retrouvent pour fumer.
A l’angle de la rue de la misère et de la rue du profit
Les prolos pleins de dettes, les grisonnants hautains se voient pour échanger.
Je voudrais être un coin de rue, les tracas qui me guettent me souriraient plus
Ca m’éviterait de regarder des culs, le tien peut-être s’il ne m’appartenu…
Tous les angles de ma mémoire ont vécu des oublis
De la prime amourette et des vrais faux copains aux rêves abandonnés.
Tous les angles des beaux quartiers, des vieux bouges décrépis
Ont longtemps comblé ma tête, unis par les chemins, par les cons opposés.
Je voudrais être un coin de rue, les tracas qui me guettent me souriraient plus
Ca m’éviterait de regarder des culs, le tien peut-être s’il ne m’appartenu…
Tu m’as dis « je t’aime » un soir d’été, je ne m’y attendais plus
A l’angle de la rue des cœurs brisés et du boulevard des années.
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