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Ca faisait bien des années que tu traînais dans mon grenier
Dis-moi mon vieux tu vieillis mieux que moi
Dans tous tes boutons nacrés j’arrive à voir mon reflet
Regarde-moi mon grand j’ai des cheveux blancs tu vois
Et tu sens mes mais qui tremblent comme quand on devait ensemble
Entamer solo un nouveau tango, tu vois
Si mes souvenirs s’effacent, t’as toujours gardé ta place
J’oublie les accords mais j’entends encore ta voix
Est-ce que c’est tes huit kilos ou mes cinquante ans de boulot
Qui ont tant arqué, qui ont tant marqué mon dos
Ou le poids de ces années à ne pas t’avoir fait chanter
Avec mon dos de mineur je ne suis plus si majeur que ça, que toi
Aux disparus des bals musette, aux inconnus de la guinguette
S’il y a un paradis pour les enfants de Fréhel
J’y emmènerai pardi mon piano à bretelles
Un, deux, trois airs de java pour s’il y a à l’au-delà
Quelques âmes au comptoir du bistrot des amants
On contera nos histoires sur des airs à trois temps
Dis-moi tu sens la poussière, là-dedans tu as du manquer d’air
Regarde-toi mon vieux tu respires mieux que moi
Dire que c’est bientôt mon tour d’aller dans une boîte en velours
Si on se serre un peu il y a de la place pour deux, tu crois ?
Non t’avais pas cru j’espère que je fermerais les paupières
Sans revoir mon vieux compagnon de jeu d’antan
Que je finirais ma vie sans te sortir de ton étui
Fais-moi voir d’abord si tu chantes encore comme avant
Aux disparus des bals musette, aux inconnus de la guinguette
S’il y a un paradis pour les enfants de Fréhel
J’y emmènerai pardi mon piano à bretelles
Un, deux, trois airs de java pour s’il y a à l’au-delà
Quelques âmes au comptoir du bistrot des amants
On contera nos histoires sur des airs à trois temps
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